La famille

LE COUPLE

 

Dans le couple, l’expression des sentiments est parfois très différente et on ne comprend pas
toujours pourquoi l’autre réagit ainsi, il peut sembler trop touché ou au contraire insensible.
Très souvent, les mères ont besoin de parler, tandis que les pères se réfugient dans l’action.
Les mères ont habituellement besoin d’exprimer tous leurs sentiments (même s’il y a beaucoup de larmes) et cela contribue à atténuer la douleur, car l’enfant trouve alors sa place dans l’histoire personnelle et familiale.
Les pères, lorsqu’ils s’expriment moins, cherchent souvent à épargner la mère, car ils ont peur de « remuer le couteau dans la plaie ». De plus, dans notre société actuelle, l’homme se doit d’être fort et révéler sa peine peut être considéré comme un signe de faiblesse.
Enfin, la femme ayant vécu ce drame dans sa chair, l’homme peut donner l’impression d’être moins affecté, estimant qu’il ne doit pas exprimer sa douleur par pudeur, au regard de celle de sa femme.
Protéger l’autre à tout prix se révèle souvent une erreur : la douleur de l’un fait aussi partie de l’histoire de l’autre. Chacun a le droit de la connaître pour ne pas découvrir plus tard, par exemple qu’on lui a dissimulé la vérité des sentiments.
Chacun avance dans le deuil à son rythme. L’essentiel est de se respecter mutuellement.

LA FRATRIE

 

Si les parents ne sont pas à l’aise, un psychologue peut aider à trouver les mots indispensables
à la communication. Mieux vaut ne pas masquer la vérité afin de ne pas persister dans une situation de malaise perceptible mais peu identifiable. On peut expliquer avec des mots simples, adaptés à l’âge des frère(s) et soeur(s), que le bébé attendu ne pourra ou ne pouvait pas vivre, qu’il était malade et que les médecins ne savaient pas le soigner. Certains livres peuvent aussi aider à aborder ce sujet bien délicat et douloureux (voir la bibliographie dans la rubrique partage).

En cas d’IMG, Il est déconseillé de dire que la mort de cet enfant a été décidée par ses parents, car l’esprit d’un enfant aurait vite fait de s’effrayer de ce pouvoir de vie ou de mort.
Son imagination fertile aurait tendance à inventer des scénarii pires encore que la réalité,
en exacerbant le sentiment de culpabilité qu’il éprouve inévitablement.
Rares sont les enfants en effet qui n’ont pas secrètement espéré pendant la grossesse que le « bébé » allait mourir afin qu’il ne prenne pas leur place… Tout comme certains enfants peuvent se sentir coupables d’être en vie, en bonne santé et se torturer l’esprit en se demandant « pourquoi lui/elle et pas moi ? ».

Après l’accouchement, on peut proposer à l’enfant de choisir un « doudou », de faire des dessins qui seront glissés dans le cercueil, ou encore de choisir des fleurs, afin qu’il soit acteur et ne se sente pas exclu de cette épreuve qui concerne l’ensemble des proches.
Souvent, les enfants posent des questions et sollicitent certaines informations au fur et à mesure que le temps passe et que leur perception des choses s’affine. Il est important de respecter leur progression dans le deuil, de ne pas anticiper leurs demandes et de ne surtout rien leur imposer qui puisse les choquer. Il est important aussi que les enfants puissent parler du « bébé » sans provoquer d’émotions trop fortes chez leurs parents, au risque de ne plus oser leur en parler ou de peur de les rendre tristes.