Déroulement de l’IMG

Déroulement de l’IMG

Nous vous présentons ici les étapes clefs du déroulement d’une interruption médicale de grossesse. Leur déroulement précis dépend ensuite du protocole de chaque hôpital.

L’hospitalisation

Suivant les établissements de santé, l’hospitalisation peut avoir lieu dans le service de maternité, de gynécologie ou dans un autre service.

Même s’il semble très douloureux d’être dans un service de maternité et d’entendre les autres bébés pleurer, il s’agit aussi d’une reconnaissance du statut des parents ainsi que de celui de l’enfant. Tout comme le fait d’être hospitalisé dans un service de gynécologie peut être vécu comme un signe de non-reconnaissance de la maternité.

Une interruption médicale de grossesse n’est pas une opération, la maman va accoucher, il est donc important que ce soit des sages-femmes qui s’occupent d’elle, ce qu’elles ne pourraient pas faire si la mère et l’enfant étaient dans un autre service.

Le protocole médicamenteux d’accouchement / le déclenchement

Le médecin prescrit des comprimés de mifépristone (antiprogestérone), que la patiente prend 36 heures avant l’accouchement, en présence du médecin. Cette molécule accélère la maturation du col, prépare l’utérus aux contractions et peut induire des contractions utérines.

Ensuite, le matin de l’accouchement, l’équipe donne régulièrement des prostaglandines par voie vaginale ou orale pour obtenir des contractions et déclencher le travail.

Le déclenchement peut débuter dans la chambre puis se finir en salle de naissance ou au bloc opératoire, voire se dérouler dans sa totalité en salle de naissance. Il consiste à provoquer « l’expulsion » du bébé, en provoquant des contractions utérines, comme pour un accouchement traditionnel : on « déclenche » le travail artificiellement. L’enfant sort par les voies naturelles. La césarienne est très rarement utilisée pour un accouchement provoqué afin de préserver l’utérus pour une grossesse ultérieure. La césarienne reste un acte chirurgical et un accouchement déclenché ne consiste pas à retirer l’enfant de cette manière.

La césarienne ne facilitera pas l’oubli de ce drame et vivre cet accouchement par voie basse ancre la maternité dans le corps.

Une ou plusieurs sages-femmes s’occupent de la mère tout au long du déclenchement. La mère peut être accompagnée par une personne de son choix (conjoint, amie, etc.) dont le soutien est essentiel.

Il peut se passer plusieurs heures entre le début du déclenchement et l’accouchement. Un antalgique ou une péridurale peuvent apaiser la douleur des contractions.

La mort de l’enfant en cas d’IMG

La mort de l’enfant en cas d’interruption médicale de grossesse varie en fonction du terme de la grossesse et du protocole de l’établissement. Ainsi, l’enfant peut naître décédé du fait des contractions, ou bien les équipes pratiquent un geste d’arrêt de vie avant la naissance. Il s’agit d’une injection médicamenteuse dans le cordon ombilical pour arrêter le cœur, sous contrôle échographique. D’autres techniques peuvent être utilisées suivant les établissements.
Le moment de l’injection est extrêmement difficile à vivre pour le couple.

Mieux vaut savoir à l’avance quel protocole sera suivi par l’équipe afin de pouvoir s’y préparer. Bien entourés, certains parents arrivent à accompagner et alors à dire au revoir à l’enfant, même si les soins dispensés et la technicité de l’intervention ne permettent pas à cet instant une grande intimité.

L’accouchement

L’accouchement a lieu en salle de naissance ou au bloc opératoire, avec la sage-femme, éventuellement le médecin et l’anesthésiste. Selon le contexte et les souhaits des parents, l’accompagnant peut être présent.

Généralement, la dilatation du col progresse doucement pendant quelques heures, puis le col s’ouvre et l’expulsion se fait rapidement, d’où l’agitation possible du personnel soignant à ce moment-là.

Une fois l’enfant sorti, il sera emmené tout de suite hors de la salle. On le ramènera un peu plus tard, si les parents désirent le voir : c’est généralement à ce moment que l’équipe médicale prend des photos de l’enfant.

La mère reste en surveillance deux heures en salle d’accouchement, avant d’être ramenée dans sa chambre, comme toute femme qui accouche.

En cas de grossesse gémellaire

En cas de grossesse gémellaire, il arrive qu’un seul des deux jumeaux ne soit pas viable ou soit atteint d’une grave malformation. Si une interruption de vie du jumeau malade est décidée, le déroulement dépend du stade de la grossesse et de la position des jumeaux.

Selon les cas, le geste peut être pratiqué :

  • Soit en cours de grossesse avec le risque de la perte des deux ou d’accouchement prématuré du second jumeau. La mère garde alors dans son ventre les deux enfants jusqu’à ce que l’accouchement puisse avoir lieu. Ce cas est moralement très difficile à vivre. Il est conseillé d’être accompagné par une équipe comprenant un psychologue expérimenté dans une telle situation.
  • Soit juste avant la naissance, et un enfant naît vivant et l’autre mort.